AHLALAY

Bienvenue sur mon blog

Classé dans : Non classé — 18 septembre, 2011 @ 8:57

 

    Chers visiteurs !   

    Vous êtes les bienvenus (es) sur mon site. J’espère qu’il vous plaira. Les quelques productions que vous y trouverez vous sont offertes gracieusement pour une lecture personnelle. Ne les utilisez pas à des fins commerciales ou publiques. Et si vous  devez en citer  quelques passages, ayez l’obligeance et l’amabilité de mentionner le nom de l’auteur, en l’occurrence le mien. La propriété intellectuelle est préservée par la loi. Merci de votre compréhension.    

  Et si vos visites sont fréquentes -ce qui me fait toujours plaisir- je vous invite à regarder, à chaque fois, la rubrique des messages récents. Ne vous contentez pas de ne voir que les premières productions qui ne changent pas de place. Il y a presque toujours du nouveau!

  Je vous demanderais à la fin de marquer votre visite par un commentaire que vous laisserez aimablement sur mon Blog.

                                Merci et Bonne lecture!   

                                    ALI AHLALAY   

BELLE OGRESSE : LA VIE

Classé dans : Littérature — 20 octobre, 2011 @ 10:54



La mer, vaste et éternelle 

Mémoire des siècles 

Corps félin onde cruelle 

De tes ondes amères viennent 

Me caresser des souvenirs 

De jadis où je naviguais 

Ivre et insouciant 

A bord de mon bateau dépravé 

Un goût salé et humide 

Dans ma bouche 

Dans ma couche 

Déferlante 

Mère de tous les vices 

Mangeuse des hommes 

Sirocco blizzard en ton sein 

Se sont unis 

Et ligués contre moi 

Tu es le chaud  le froid 

Tu es la vie

 Tu es la mort 

Tu es la mer   

L’amer amer 

Faux repère  

 Dans  ton sourire envoûtant 

Viennent se bousculer en moi 

D’âpres souvenirs   

Volatils

 Comme l’éther 

 Lourds 

Comme les fers 

Vastes 

Comme l’enfer 

Froids 

Comme l’hiver 

Méchants 

Comme Lucifer 

Jeunesse ivre en folie 

Qui boit la vie 

Jusqu’à la lie 

Qui danse danse et danse 

Jusqu’à l’ivresse 

Mer écumeuse 

Femme belliqueuse 

Belle tigresse 

Folle ogresse 

Aux morbides caresses 

Tu me presses 

A l’ivresse 

Sans finesse 

Tu me casses 

Tu me classes 

Tu me lasses 

Tu m’effaces 

Tu me chasses 

Tu te joues bien de moi 

De mes joies 

De mes lois 

De ma foi 

De mon foie 

A la fois 

Belle ogresse

Divine princesse

La Vie à vie

L’envie à vie

Mère  cruelle 

Mer rebelle  

Pourtant si belle.

                                                     AHLALAY

                                     

 

LE SOLEIL EST BLEU CE SOIR!!!

Classé dans : Littérature — 20 octobre, 2011 @ 10:14

Le soleil est bleu ce soir. 

Une larme aux yeux, la lune 

Le regarde  sans le voir, 

Mourir seul derrière la dune. 

Il s’en va à tout jamais, 

Mon frêle  soleil d’automne ; 

Pâle couleur que j’aimais. 

Ce soir, tout est triste et morne. 

Des sommets du firmament, 

Où tu siégeais sur le trône 

De l’Univers fièrement :

 Un  Roi fier de sa couronne. 

Ce soir, tu tombes si bas 

Dans les bas-fonds, la misère 

Que toi tu ne connais pas ; 

Ténèbres à l’odeur amère. 

Mon verre dans une main 

Lasse, pâle et tremblante, 

Pleure ton dur lendemain 

Parmi cette horde inconsciente. 

Ton beau sourire d’hier, 

A présent lugubre et triste, 

Éclairait tout l’Univers, 

Me rappelait que j’existe. 

Tu t’en vas mourir au loin 

Petit soleil de ma vie, 

Dans la jungle où les « babouins », 

Ma belle,  meurent   d’envie

De boire ton sang innocent 

Et briser une pauvre âme. 

 Douleur, êtres indécents !

Mon cœur brûle dans sa flamme 

 Perçoit ton sort, impuissant 

Quelle horreur! 

On me fait taire ; 

Le poids des âges est puissant !!

Mon cher cœur, que puis-je faire ? 

Le soleil est bleu.

Ce soir, 

Une larme aux yeux, la lune 

Te regarde sans te voir, 

Mourir seule sous la dune !    

                                                                                  AHLALAY                                 

 

TOLERANCE

Classé dans : Littérature — 5 octobre, 2011 @ 8:10

Enregistré dans : Littérature — @ 3:05

Frère, sais-tu qui tu es ?

Non,… pas qui tuer.

Tu ne tueras point.

Esprit  sacré, Souffle divin,

  Tu es le pain, tu es le vin.

Tu ne voleras point.

Tu es secret tu es mystère,

Tu es amour, tu es lumière

Pourquoi tous ces  mots ?

D’où naissent tant de maux ?

Tant de guerres, tant de larmes.

 Reprends confiance et jette tes armes.

Regarde-toi, regarde-moi.

N’es-tu pas moi ? Ne suis-je pas toi ?

La religion est une  union.

Pourquoi donc cette désunion ?

Un seul dieu, un seul père.

Nous sommes frères, mon petit frère.

Laissons l’amour régner sur  terre.

 Chassons la haine fuyons la guerre.

 Nous sommes des sœurs

 Nous sommes des frères.

                                                                                                   

                                                      AHLALAY Ali.            http://aliahlalay.unblog.fr 

6 commentaires »

  1. Fatiha Nakhli Fatiha Nakhli
    Comme c’est vrai ce que vous dites ! A bon entendeur …
  2. Ahlalay Lamya Ahlalay Lamya
    Très touchant ! Très beau poéme. Je réalise de jour en jour que tu possèdes de grands talents dans tous les domaines ! C’est génial. Bonne continuation
  3. Meryem Lahcen Meryem Lahcen
    Je ne cesse de le relire .
    C’est magnifique .
  4. Maria Diab Maria Diab
    Salut monsieur Ahlalay, je trouve que vous possédez le pouvoir de nous toucher, de nous attirer à partir de vos poémes, j’espère pouvoir écrire et m’exprimer comme vous(un jour), vous êtes un bon professeur!! je vous remercie pour tous les efforts que vous faites pour nous expliquer les leçons,vous êtes impressionnant!!!
    Maria
    T.C.S.2
    Ahlalay Un grand merci pour vos encouragements. Vous vous exprimez déjà très bien. Je sais qu’avec la volonté que vous avez, vous atteindrez certainement vos objectifs. Bon courage!
  5. Fedwa Amloul Fedwa Amloul

    Je ne cesse de le relire aussi, sérieusement !
    Quelle chance d’avoir un professeur aussi talentueux que vous !
     Je vous admire!!!!!!! Ahlalay Merci encore.
  6. Mouaad ait abdellah Mouaad ait abdellah
    c’est un beau site .Il contient des poèmes qui sont très importants. Félicitations monsieur !!!!!!!!

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NOUVELLE: Le petit papier qui tue

Classé dans : Littérature — 20 septembre, 2011 @ 1:36

    La lettre mortelle 

  Il fait beau aujourd’hui. Personne ne peut prétendre le contraire. Mais lui, il voit les choses autrement. Il les sent différemment. Le soleil radieux et brillant dans le ciel bleu de saphir ne réchauffe qu’en partie son corps maigre et encore moins son cœur meurtri par la nouvelle. Personne ne s’attend à l’événement de si tôt ! Pourtant la nouvelle tombe aujourd’hui sur les  têtes de la maisonnée tel un couperet. Ils sont sept en tout ; trois filles, deux garçons, le père et la mère. L’étroit logis où ils vivent est composé de deux minuscules pièces, un semblant de cuisine et des toilettes si exiguës que l’utilisateur doit  faire toute une gymnastique pour y entrer. Le soleil n’entre presque jamais dans cette demeure. Les garçons (quinze et onze ans), se couchent à même le sol dans le petit couloir qui mène à la chambre parentale. Les jeunes filles (dix-sept, treize et neuf ans), s’entassent chaque nuit dans  l’étroite cellule sans fenêtres. L’intimité ? C’est un luxe que la famille Boujamaa ne peut pas se payer.

    Boujamaa aujourd’hui marche tout seul dans les ruelles de son quartier misérable et miséreux, l’un de ces quartiers vieux et délabrés  que certains  se plaisent à qualifier, dans leur littérature anesthésiante, de populaires, de traditionnels ou encore de  »quartiers des ancêtres où il fait bon  vivre ». Boujamaa ne voit pas cela, ne comprend pas  cela, ne peut pas comprendre cela. Boujamaa voit la misère, sent l’injustice, comprend autre chose, voit autre chose ; il ne voit que sa réalité à lui et celle de ceux qui dépendent de lui. Ce matin, malgré le beau soleil, malgré la lumière éblouissante de ce jour de mai, les yeux de Boujamaa ne voient qu’obscurité et ténèbres ; il pense à ce petit bout de papier qui va lui enlever le peu de dignité qui lui reste; ce papier, à l’effet de poison, qui va lui arracher des mains le reste de prestige – ô combien mince !- qu’on a daigné encore lui reconnaître !  D’un geste presque mécanique, il le tire de sa poche et le relit pour la nième fois. Rien ! Il ne comprend pas. Non  que le message soit incompréhensible ou confus mais parce que cela dépasse l’entendement. Son entendement, bien sûr !

    De temps à autre, le corps chétif de Boujamaa qui supporte mal les aléas de son âge assez avancé -la soixantaine-, est secoué par une quinte de toux qui l’étouffe et le tue à petit feu. Le médecin qui l’a examiné, il y a maintenant six ou sept ans, n’était pas content de son état et lui a rédigé une ordonnance ; ordonnance que Boujamaa a rangée dans son portefeuille et a oubliée, volontairement ; il ne peut  pas s’acheter les médicaments ; ce « luxe » aussi, Boujamaa ne peut pas se le permettre.

   Sa fille aînée – qui a quitté l’école à quatorze ans- ne cesse  de lui répéter que les médicaments sont « aussi importants que le pain quotidien voire même plus importants ». Mais Boujamaa ne le sait-il pas ? Lors de ses excès de toux, il a l’habitude de s’asseoir et d’attendre que ça passe. Voilà le remède dont dispose Boujamaa contre sa maladie. Parfois, le teint blafard, les yeux larmoyants et le souffle presque coupé, il revient chez lui en titubant demandant du secours auprès de sa femme qui, la plupart du temps, n’a rien à lui donner sauf un grand verre d’eau qu’elle a dû apporter  le matin de la fontaine publique (skkaya) qui se trouve tout au bout de la ruelle. La « baraka » de cette eau gratuite a toujours fait, du moins jusqu’à maintenant, son effet curatif…mais pour combien de temps encore ?

    Le temps ? Le temps pour Boujamaa s’arrête ce matin avec l’arrivée de ce maudit morceau de papier. Depuis qu’il était encore au msid, il y a de cela une bonne cinquantaine d’années, Boujamaa n’était jamais en bons termes avec tout ce qui est écriture. Il détestait ces signes qui ne lui causaient que bastonnades du fkih à la mosquée,  moqueries de ses camarades dans la rue et  humiliation devant ses parents à la maison. Ces signes sont aujourd’hui pour Boujamaa les prémices d’une catastrophe imminente ; les signes avant-coureurs  d’un danger qu’il faut éviter à tout prix.

   Et il a évité le contact avec ces signes. En effet, le jour même de la mort de son père, il quitte l’école. Il la quitte pour « travailler », comme si un enfant d’à peine dix ans pouvait faire autre chose que jouer et profiter de son enfance. Mais Boujamaa, lui ne joue pas, ne doit pas jouer, ne peut pas jouer ; son père mort, il devient « l’homme » sur lequel repose toute la responsabilité du foyer. Ce qui va ajouter encore plus aux soucis de Boujamaa ce sont les dernières paroles de sa mère sur son lit de morte :”Boujamaa, prends soin de ton petit frère. Vous n’avez certes pas le même père mais Moha reste toujours ton frère.”

 En effet,  six ans après la disparition de son père, Boujamma hérite d’un demi-frère plus jeune que lui . Il n’a que cinq  ans, le petit demi-frère Moha.

    Le père de ce demi-frère ? Un riche fermier qui prend la maman comme concubine peu de temps après la mort de son mari. Lui assurant le gîte et le couvert pour quelques mois dans sa ferme avec tant d’autres ouvrières, le riche paysan lui fait un enfant -qu’il ne reconnaît pas- et lui demande de quitter la région moyennant quelques sous.  

  Que pourrait bien faire  un enfant de seize ans avec à sa charge un autre gosse ? Une tante maternelle aussi pauvre qu’eux sinon plus, les accueille la mort dans l’âme. Mais six mois après, ne pouvant pas les nourrir, elle les dépose dans un orphelinat. Boujamaa n’étant pas scolarisé, ne peut pas séjourner dans cet établissement dont les moyens financiers, assurés par quelques bienfaiteurs de la ville, sont insuffisants pour subvenir aux besoins de ses locataires.

    Après plusieurs jours d’errance dans les rues d’Agadir Boujamaa, trouve du travail ; son premier travail ! On lui confie « la responsabilité » de nettoyer les boîtes  de conserve avant de les mettre dans les caisses. Avec de la sciure de bois, le jeune garçon frotte de ses petites mains jusqu’à cent, parfois cent cinquante boîtes par jour. A la fin de la semaine, le maigre salaire constitue pour Boujamaa et son frère une occasion de faire la fête : ils s’achètent une demi-livre de viande qu’ils font cuire  à Souk lhad chez un « kahouaji » -espèce de restaurateurs traditionnels dans les souks marocains-. Ils consomment leur pitance et se permettent de boire du thé à la menthe avant de regagner chacun son domicile : Moha, son orphelinat et Boujamaa, quelques coins de rue ou avec quelques adultes qui acceptent de le loger pour une nuit moyennant une faveur que le jeune homme ne peut pas refuser vu les circonstances. Parfois, pendant certaines nuits glaciales de l’hiver, tout le petit corps de Boujamaa se tord sous les morsures du froid et les gouttes de pluie  qui semblent lui arracher la peau et pénétrer dans ce squelette vivant.  Une sensation de mal-être, de malaise s’installe alors dans son âme et tout devient noir et désespérant à ses yeux.

    C’est la  même sensation de désespoir que ressent encore aujourd’hui Boujamaa devant cette feuille de  papier porte-malheur que le facteur lui remet contre une belle signature qu’il a appris à faire lorsqu’il a travaillé comme homme de peine dans un hôpital.

     En effet, à l’âge de vingt ans, Boujamaa commence une autre vie, celle d’employé. Une vieille connaissance de feu son  père a bien voulu lui donner un coup de pouce ; et il l’a poussé à devenir salarié c’est-à-dire rien…ou presque. Boujamaa devient un homme à tout faire, affecté par le ministère de la santé publique dans un patelin perdu en pleine montagne. Il renaît de ses cendres paraît-il. Il fait son travail avec un courage, une conscience et une abnégation sans limites. Il lui a fallu moins de six ans pour devenir  ”cabrane” (caporal  mais pas militaire) .Bref, Boujamaa devient chef !

Il devient chef de travaux. Chaque matin, avec la même conscience, il  vérifie, contrôle et  nettoie lui-même les toilettes…mais rien que les toilettes de ses supérieurs. Les malades ? C’est son dernier souci. Il est l’homme à tout faire : taillable et corvéable à merci. Ce comportement avilissant a pourtant pour Boujamaa un côté positif : il  lui garantit une mainmise sur les pauvres ouvriers journaliers. Il devient l’homme de confiance des médecins-chefs, l’ami redouté des infirmiers et des infirmières. Tout le monde le craigne et le hait en cachette. Une âme de Satan. Son arrogance le pousse très loin. Un jour, il a même osé  demander en mariage une jeune infirmière qui vient d’être affectée dans l’hôpital qu’il « dirige » !

    Heureusement, le mariage n’a pas eu lieu et c’est une femme de charges qu’il a épousée sous l’ordre du directeur de l’hôpital car il lui a fait un enfant et voulait la quitter en lui laissant  un gosse sur les bras. C’est avec cette même femme qu’il vit aujourd’hui dans le dénuement total avec leurs cinq enfants.

    Toujours le bout de papier à la main, Boujamaa s’approche de la maison comme un somnambule. Le teint blême, le regard hagard et les mains tremblantes. Sa fille aînée, le fixe du regard un instant et, ne le reconnaissant pas, pousse un cri strident et s’enfuit  se cacher comme si elle avait vu un revenant  ou un fantôme. Toute la maisonnée accourt. L’épouse de Boujamaa, un verre d’eau à la main, se précipite vers son mari afin de lui prodiguer les soins habituels contre cette maudite toux qui ne le quitte presque plus jamais ces derniers temps. Mais ce qu’elle voit l’horrifie : son époux, les yeux exorbitants, la bouche s’entrouvrant sur un rictus  figé, les mains tendues tenant un feuillet tout froissé.

    « ils…ils…vont… » bégaie-t-il  avant de s’évanouir.

Tout affolée, la vieille femme essaie, avec le peu de moyens qu’elle a, de le ranimer et le rendre à la vie. En vain. Boujamaa a bel et bien perdu conscience.

     Quarante ans de corvée dans les couloirs des hôpitaux ont suffi pour faire oublier à Boujamaa son  enfance, ses origines et même son demi-frère qui s’est perdu un peu dans la nature ; on dit qu’il est devenu quelqu’un lui aussi… quelqu’un « d’important », à l’instar de Boujamaa, son exemple et modèle. Il a élu domicile dans une grande ville; Casa ou Rabat: Boujamaa ne peut pas dire  exactement où. Il vit actuellement avec sa femme; faisant lui aussi tout pour oublier, pour effacer un passé peu glorieux à son sens. Il ne veut jamais reconnaître que l’être ne choisit pas sa destinée, que naître bâtard n’est pas de sa faute ni de sa  responsabilité et que vouloir appartenir, à tout prix, à une classe sociale qui n’est pas la sienne ne peut que le tourner au ridicule ; M. Jourdain – le héros du Bourgeois gentilhomme de Molière – en avait fait l’expérience. Mais Moha, le demi-frère de Boujamaa voit les choses autrement et continue sa médiocrité et son aliénation pourvu que le passé ne surgisse pas et que cet écran de fumée qui le cache ne se dissipe jamais. Orphelinat, misère, faim, humiliation …ça fait peur ! 

     A soixante ans, l’ancien employé  aux hôpitaux, après quarante ans de loyaux services, de mesquineries, de lâcheté, de petits larcins et de basses besognes est mis à la porte,… à la retraite. La retraite !

    Sa femme, est maintenant debout à côté de lui ne sachant quoi faire ni à quel saint se vouer. Elle, qui a travaillé dur, très dur, en silence sans se plaindre,  se retrouve aujourd’hui avec cinq bouches à nourrir et un mari malade. Elle s’approche doucement de lui et lui prend la main.

    « Qu’est-ce que tu as ? Réveille-toi. Tu m’as fait peur. » lui dit-elle en essayant tant bien que mal de garder son calme.

    Ses yeux s’entrouvrent  et il la regarde avec stupeur. Il ne peut plus bouger aucun de ses membres : ses pieds, comme collés au sol, ne lui font même pas mal ; il ne sent rien. Les doigts de sa  main   telles des tenailles serrent le bout de papier froissé et mouillé par la bave qui sort de sa bouche. Et avec ses yeux, la seule partie de son corps qui bouge encore, Boujamaa fait signe à sa femme de prendre le feuillet. Elle le prend et le tend à son fils qui lit d’une voix tremblante : « Vu que vous êtes à la retraite, vous êtes prié de bien vouloir quitter le logement de fonction que vous occupez et de rendre les clés le plus tôt possible sous peine de sanctions graves. »

   Et la femme, à son tour, s’évanouit juste à côté de son époux tétraplégique. /.

           AHLALAY        http://ahlalayali.unblog.fr/

   

 

10 commentaires »

  1. Fatiha Nakhli Fatiha Nakhli
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-2 Editer
    Merci de partager avec nous ces moments de créativité. Quel plaisir de vous lire et de découvrir avec vous vos personnages et leur vécu. C’est sûr, l’annonce de la retraite (avec l’expulsion de l’habitat de fonction ! ) ne doit pas être une partie de plaisir. Mais combien doivent-ils être à souffrir en silence ?
  2. Fatiha Nakhli Fatiha Nakhli
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-3 Editer
    Merci de partager avec nous ces moments de créativité. Quel plaisir de vous lire et de découvrir avec vous vos personnages et leur vécu. C’est sûr, l’annonce de la retraite (avec l’expulsion de l’habitat de fonction ! ) ne doit pas être une partie de plaisir. Mais combien doivent-ils être à souffrir en silence ?
    http://fatihanakhli.unblog.fr/
  3. Helen Helen
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-4 Editer
    Bonjour et merci de votre visite sur mes pages
    Je vous souhaite bonne chance avec votre blog.
    Helen
  4. elmir et leila elmir et leila
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-5 Editer
    Bravo C’est fort.
    Nous t’adressons toutes nos félicitations 

    Et Nous sommes très heureux de te voir réussir dans cette voie
    Avec tous nos vœux de bonne continuation

    ainsi que toute notre affection.

    simou114@hotmail.com

  5. ELMIR MOHAMMED ELMIR MOHAMMED
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-6 Editer
    Bravo C’est fort.
    Nous t’adressons toutes nos félicitations 

    Et Nous sommes très heureux de te voir réussir dans cette voie
    Avec tous nos vœux de bonne continuation

    ainsi que toute notre affection.

    Elmir et LEILA

  6. ELMIR MOHAMMED ELMIR MOHAMMED
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-7 Editer
    Bravo Bravo Bravo C’est fort.
  7. attaf attaf
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-9 Editer
    bravo et bon courage!
    lecture agréable de l’ensemble
    le poème est fluide et bien bâti, il interpelle le lecteur et en douceur l’attire vers la seule issue valable “nous sommes ds frères”
    quant à la nouvelle, là aussi bravo: pourquoi ne pas nommer les personnages et les lieux, ça fait plus réaliste, c’est mon avis d’amateur
    bon courage mon frère
  8. Zineb Khammal Zineb Khammal
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-12 Editer
    Monsieur , j’ai adoré votre façon d’écrire , ça nous rapproche tellement de «notre» quotidien . Hélas , c’est la réalité . On en a parlé justement ce matin en cours , des enfants , des moyens …
    La faute que Boujemaa a faite, c’est d’oublier son enfance , au contraire il fallait s’en servir pour aller de l’avant . La faute qu’il a commise aussi c’est d’oublier son frère Moha qui était sous sa responsabilité.
    Bref , je vous souhaite une très bonne continuation pour encore plus de nouvelles et de poèmes Inchaa’lah . 

    Ahlalay
    Je vous remercie pour votre lecture, pour vos encouragements et surtout pour votre commentaire qui dénote une très bonne compréhension de la visée de cette nouvelle.

  9. Ahlalay Lamya Ahlalay Lamya
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-17 Editer
    Tes écrits sont vraiment magnifiques. Je ne trouve pas les mots pour les décrire,tellement c’est fort !
    Bravo, bravo… et bravo!. Bonne continuation !
  10. ali babahasna ali babahasna
    le http://ahlalayali.unblog.fr/2008/10/29/4/#comment-39 Editer
    Bravo! Votre nouvelle est impressionnante! Continuez sur cette voie. Que Dieu vous assiste! 

    AHLALAY
    Je vous remercie pour vos encouragements.

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BIENVENUE !!!

Classé dans : Littérature — 18 septembre, 2011 @ 9:31


              BIENVENUE DANS NOTRE MONDE!!

Tu viens  dans notre monde aujourd’hui  ma chère ;  

Tu ne sais  rien encor, tu ne connais personne. 

Cette personne qui te porte, c’est ta mère.   

Ce petit monsieur, juste à côté, qui frissonne 

C’est lui que tu appelleras toujours « mon père. »    

 …. 

Qui sont-ils, ces deux êtres pour toi inconnus,  

Aux paroles si belles et aux regards si doux ? 

Il y a bien longtemps leurs âmes se sont connues.   

Leurs cœurs se sont liés par un amour si fou 

Que vient couronner, ce beau jour, ta venue.     

…. 

Sans te consulter ni demander ton avis, 

On te met au monde. Le veux-tu vraiment ? 

Tu as crié en arrivant, on est ravis ; 

De ta douleur on a tissé des sentiments 

De joie, de bonheur- pourquoi pas, puisque tu vis ? 

…. 

D’où viens-tu petit être, de quel univers 

On t’a arrachée, petite fille si frêle ? 

Pour te mettre aujourd’hui dans ce monde à l’envers.

Tu  viens d’une autre vie sans guerres ni querelles 

Une vie de paix, d’amour où rien n’est de travers. 

…. 

Sois courageuse ma fille et lève très haut 

Ta tête jusqu’à embrasser  le firmament. 

Dans ce bas monde ne regarde que le beau ! 

Rien ne dure, ni les amours ni les amants. 

Le temps passe  vite et vite vient le tombeau. 

…. 

Rien ne mérite de larmes ni de soupirs. 

Les hommes courent derrière des chimères ; 

De l’or qu’ils amassent, ils ne cueillent que le pire. 

Du nectar de la vie, ne goûtent que l’amer. 

Tu viens, tu verras de quoi est fait cet empire :            

…. 

La rose se fane à sa tige  au matin, 

Le vin a soif. Il perd sa saveur et son âme. 

L’homme si fort cède la place à son mâtin. 

De ses mains  si cruelles, il a éteint sa flamme ! 

Tout est confus,  obscur, on y perd son latin ! 

…. 

Mais courage petite, puisque tu es là. 

Dans la lumière du soleil mets ton âme. 

Tu seras belle, prends la vie et aime-la. 

Tu es la mère de la vie, tu es la femme. 

Va ma fille, je m’en vais, je m’en dors, je suis las ! 

                                                Ali AHLALAY